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Glossaire de la numismatique II : l'art du mot et de la monnaie

Glossaire de la numismatique II : l'art du mot et de la monnaie

Pont Neuf La MonnaieIllustration : "Paris - Pont-Neuf, île de la Cité, la Monnaie et le quai de Conti" par Giuseppe Canella (1832)

 

Série Glossaire de la Numismatique 
Episode II - “De l'art du mot et de la monnaie”

Voici donc le second épisode de ce petit précis de vocabulaire à portée didactique et à destination des curieux, des néophytes, des amoureux de la monnaie, et plus si affinités.

Ayant d’ores et déjà évoqué les considérations toutes générales et génériques à l’occasion d’un précédent chapitre à lire ICI, vous voici donc désormais prêt(e) à aborder le second palier : celui de la monnaie à proprement parler.

Une collection dorée sur tranche en valant certainement deux ou plus, voici donc 20 définitions indispensables, classées par ordre alphabétique, comme tout glossaire qui se respecte.

 

 

ALLIAGE

 

 

De l’art du dosage et des mélanges, l’alliage est fait d’alliance entre deux métaux ou plus si affinités.

Cet alliage constituant la matière de la monnaie. On notera ici les “classiques” comme l’électrum (or et argent) dans l’antiquité ou plus récemment le laiton constitué de cuivre et de zinc.

L’or, métal trop “mou” pour résister à l’usure est rarement utilisé seul et se trouve généralement mêlé à un faible pourcentage d’argent, de cuivre, de palladium ou de nickel. Selon la nature de l’alliage, la couleur de l’or peut ainsi varier légèrement.

 

ATELIER

 

Puisqu’à une date de naissance il faut bien y associer un lieu, l’atelier sera ce dernier.

Il s’agit donc du lieu de fabrication de la monnaie.

L’atelier figure généralement sur le revers de celle-ci sous forme de symbole ou de lettre (par exemple A pour Paris). Ce symbole ou cette lettre font partie des différents de la monnaie (voir la lettre D).

Par exemple, sur ce thaler en argent de 1820, la lettre D pour l’atelier de la ville de Düsseldorf :

 

MONNAIE, ETATS ALLEMANDS, PRUSSIA, FRIEDRICH WILHELM III, THALER, 1820

Sur cette monnaie monégasque de 1926, l’atelier de Poissy est représenté par son symbole, un éclair : 

 

MONNAIE, MONACO, LOUIS II, FRANC, 1926, POISSY, PCGS, MS66+, FDC
MONNAIE, MONACO, LOUIS II, FRANC, 1926, POISSY, PCGS, MS66+, FDC

 

La pratique est assez récente et fut établie afin de pouvoir contrôler l’origine des monnaies. C’est pour cela que de nombreuses monnaies anciennes ne disposent pas de cette information.

Cela peut toutefois arriver, comme par exemple sur cette monnaie antique : 

 

MONNAIE, CILICIE, GORDIEN III, BRONZE, SELEUCEIA AD CALYCADNUM, TTB, BRONZE
MONNAIE, CILICIE, GORDIEN III, BRONZE, SELEUCEIA AD CALYCADNUM, TTB, BRONZE

On y distingue, en haut à gauche, sur le revers, le nom à demi effacé de la cité grecque de Séleucie de Pamphylie : Σελεύκεια.

 

 

BIMÉTALLIQUE

 

Schéma couronne et insert d'une monnaie bimétallique

 

A ne surtout pas (con)fondre avec l’alliage et jeter le coin avec le flan.

Une monnaie peut-être monométallique (le cas “classique”), bimétallique, voir même trimétallique.

Dans les deux derniers cas, les métaux composant la pièce ne sont pas mélangés. On distingue donc à l’oeil les deux métaux composant la monnaie, la couronne d’un métal et l’insert d’un second.

 

Il y eut de nombreux essais plus ou moins réussis de pièces bimétalliques au cours de l’histoire, à commencer par l’empereur Hadrien en 117 après J.C.

Malgré tout, il y eut peu d’élues pour beaucoup d’appelées et c’est seulement la modernisation des outils de frappe qui permettra un résultat concluant.

Et comme une photo vaut mille métaux, voici une des plus anciennes monnaies modernes à utiliser cette technique, la pièce de 500 lires italiennes de 1982 :

ITALIE, 500 LIRE, 1982, ROME, TTB+, BI-METALLIC, KM:111

 

 

CHAMP

 

Le champ d’un monnaie est désertique.

Il n’y pousse rien, même pas l’ombre d’une gravure. En effet, ce terme désigne les surfaces lisses et non gravées d’une pièce de monnaie.

 

COIN

 

Avant d’aller plus loin et afin d’illustrer les propos, voici une vidéo de reconstitution de frappe de monnaie gauloise réalisée par le musée Alfred Danicourt et qui vous permettra de visualiser plus aisément le processus de frappe :

 

Les coins sont deux (et non pas quatre, sinon nous aurions là la quadrature du cercle). Un pour l’avers et un pour le revers, gravés en creux par le graveur en charge.

Voici donc la future pièce de monnaie prise non pas entre le marteau et l’enclume mais entre le coin et.. le coin qui vont venir imprimer en relief le motif souhaité sur chacun des côtés.

Afin d’éviter l’usure et les cassures (ce qui produirait des monnaies fautées), les coins sont généralement en acier.

 

CONTREMARQUE (INCUSA SIGNA)

 

EGYPTE, PTOLÉMÉE I, TÉTRADRACHME, ALEXANDRIE, TTB, ARGENT, SVORONOS:256

 

La contremarque n’est pas un contretemps mais un ajout postérieur. Elle constitue en effet le résultat d’une frappe ou d’un poinçonnage ultérieur à la frappe initiale.

Il s’agit là d’une pratique datant de l’antiquité et ayant toujours cours pour des raisons diverses et variées, parfois obscures.

Par exemple, jusqu’au début du XXème siècle, les banquiers chinois apposaient fréquemment des contremarques sur les monnaies étrangères afin d’indiquer qu’ils en garantissaient la valeur.

Ici, ce tétradrachme de Ptolémée I présente une contremarque circulaire dans le champs droit juste sous le nez du Roi.

 

 

 

DIFFÉRENTS

 

Les différents sont deux. L’un est l’atelier de frappe, l’autre est la signature du graveur.

 

 

ÉTAT

 

L’état définit la conservation d’une monnaie au cours du temps. Celui-ci a un impact non négligeable sur la valeur de celle-ci.

 

On distingue 7 valeurs principales :

 

B

la pièce de monnaie présente de fortes traces d’usure ou bien un défaut très visible (griffure profonde…).

TB

la pièce de monnaie est usée, le type (motif principal, voir plus bas) est atténué sans pour autant être invisible ou effacé.

TTB

la pièce de monnaie a bien circulé mais l’impact de l’usure reste minime. Type et légendes sont parfaitement lisibles.

SUP

la pièce de monnaie a très peu circulé, l’usure est très peu visible. Aucun autre défaut de type rayure n’est décelable.

SPL (Splendide)

la pièce de monnaie est neuve ou quasi-neuve. Il peut y avoir des traces de rayure dues, par exemple, aux chocs lors du conditionnement initial de la monnaie.

FDC (Fleur de Coin)

initialement utilisé pour le coin afin de désigner les premières pièces frappées avec celui-ci, et donc sans défaut car celui-ci était neuf. Par extension, désigne maintenant les pièces de monnaies “parfaites”, ne présentant aucun défaut.


 

 

EXERGUE

 

Il s’agit de la zone au bas de la pièce de monnaie.

Sur l’avers, elle est généralement vierge, sous le type. Sur le revers, on peut, par exemple, y trouver le millésime. 

 

FAUTÉE

 

Une erreur orthographique, un coin qui défaille, un tremblement de main et voilà une monnaie fautée.

Par exemple, sur ce florin d’or champenois de 1605, la légende sur le revers comporte une … bête faute d’orthographe. On devrait y lire IN.OMN au lieu de IN.ONM (dyslexiques s’abstenir).

 

 

FLAN

 

Cela n’en est pas, du flan (oui, elle était facile celle-là, on en convient). En effet, le flan, c’est la base métallique vierge, soigneusement taillée puis pesée, de toute monnaie avant qu’elle soit frappée au coin (du bon sens ?).

 

FRAPPE

 

La frappe, loin d’en être une petite, est le procédé qui consiste à “imprimer” en relief le motif des coins (avers et revers) sur le flan susnommé.

Au cours de l’histoire, les procédés ont évolué :

 

  • La frappe au marteau : de l’antiquité au moyen-âge
  • La frappe au balancier : de la Renaissance au XVIIIème siècle
  • La frappe au levier : depuis le XVIIIème siècle à la moitié du XIXème
  • La presse moderne : depuis le XIXème siècle
    (avec diverses améliorations au cours des années)

 

LÉGENDE

 

A défaut d’y entrer, définit les mots figurant sur une monnaie.

 

 

Sur ce didrachme romain, par exemple, la légende est simple : “Roma”.

 

LISTEL

 

 

Sur le bord de la pièce de monnaie, se trouve un léger relief permettant de protéger celle-ci de l’usure au cours de sa circulation. Il s’agit du listel. 

 

 

MILLÉSIME

 


Si vous buvez du champagne, vous connaissez la réponse.

 

Il s’agit bien de la date de frappe de la monnaie.

 

 

PATINE

 

Légère coloration d’une monnaie due à l’oxydation du métal et aux diverses matières avec lequel il est entré en contact.

 

Une patine naturelle peut ajouter de la valeur (et de l’esthétisme) à une pièce de monnaie, par exemple pour les monnaies en bronze. En revanche, une patine “chimique”, entendez par là créée artificiellement, peut lui faire perdre de sa valeur.

 

 

REFRAPPE

 

Le recyclage n’est pas seulement écologique, il peut parfois également se pratiquer pour la monnaie en ré-utilisant d’anciens coins.

Par exemple, ici, une refrappe d’une gravure réalisée par Varin au XVIIème siècle pour cette médaille de 1972 :

 

 

 

 

TRANCHE

 

 

Vous avez l’avers, vous avez le revers…

 

Et puis vous avez la tranche (pas toujours dorée) qui en constitue l’épaisseur.


Elle peut être lisse, cannelée, striée… et comporter des inscriptions.

Tranche d'une monnaie, schéma

 

Par exemple cette médaille de 1958 d’Arabie Saoudite présente une tranche cannelée :

 

 

 

TYPE

 

Vous pensiez que cela désignait un type… de monnaie ? Eh bien non, il s’agit bien de celui qui a sa tête sur l’avers...


Autrement dit, il s’agit des motifs présentés sur l’avers et le revers, soit le type iconographique de la monnaie.

 

 

Ici, par exemple, le type “Hercule” par le graveur Dupré.

 

UNIFACE

 

Se dit d’une monnaie ne disposant que d’une seule face frappée, comme par exemple ce fuang cambodgien :

 

 

C’est tout pour aujourd’hui !

Rendez-vous au prochain épisode pour aborder le vocabulaire concernant le billet à lui tout seul ! Une affaire de papier… filigrané bien sûr.

En attendant, vous voilà désormais prêt(e) pour entamer ou poursuivre votre collection !

 

 

Rechercher

 

 

 

NB : retrouvez ci-dessous toutes les monnaies citées dans cet article ou bien directement dans la collection liée ici.

 

 

SOURCES

http://numismativy.fr/dossier/generalites/vocabulaire/vocabulaire.html

https://fr.numista.com/news/les-pieces-bimetalliques-39.html

http://www.sacra-moneta.com/Mots-generaux-Techniques-de-fabrication/Contremarques-et-monnaies-contremarquees-incusa-signa.html

http://www.horizonfr.com/les_dossiers_numismates/les%20ateliers%20de%20gravure.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Frappe

http://sceco.univ-poitiers.fr/hfranc/frappresse.htm

http://www.sacra-moneta.com/Mots-generaux-Techniques-de-fabrication/La-patine-d-une-monnaie.html

En Bref

  • Il y a un mot très précis pour chaque élément constituant une monnaie
  • L’état définit la conservation d’une monnaie au cours du temps
  • Les coins et le flan sont les deux indispensables à la frappe d'une monnaie
L'indispensable vocable du numismate : les monnaies

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Rédigé par Alice Girard - 07.05.18 - 16h23.
Mots Clés : Monnaies Numismatique Vocabulaire
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